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Les Grandes Mises - L'intense expression des crus du Beaujolais



Le style des Grandes Mises est le fruit de la rencontre de deux régions sœurs, la Bourgogne et le Beaujolais. Il s’inspire de la Bourgogne et de ses longues vinifications. Du Beaujolais il en exprime le cépage emblématique, le gamay, sur un sol : le granit.

Une technique tout à fait spécifique à la maison, « le délestage » permet d’affirmer une vraie personnalité pour des vins de garde cousus mains.

La vinification se fonde sur des pratiques peu utilisées dans le Beaujolais. Après avoir été récoltés exclusivement à la main, les raisins sont égrappés puis travaillés par pigeage et délestage. Le pigeage consiste à faire descendre le chapeau constitué des matières en suspension (peaux, pépins, rafles) dans le moût pour un développement harmonieux de la fermentation.

Le délestage consiste, lors de la vinification, à vider complètement la cuve de son moût (jus en fermentation). Le poids des grappes permet d’extraire naturellement le sucre du raisin qui reste dans les peaux épaisses qui, par gravité, rejoint le moût dans le but d’apporter plus de matière à ce cépage gamay pauvre en polyphénols.

On remet ce jus enrichi sur le haut de la cuve, en aspergeant le chapeau. On peut faire jusqu’à trois délestages. Ils favorisent l’extraction en douceur des polyphénols et anthocyanes, jusqu’aux tannins du pépin. En rapportant leur sucre naturel à fermenter ils prolongent la fermentation jusqu’à trois semaines, soit deux fois plus longtemps que les pratiques beaujolaises traditionnelles ! Cependant cela exige matériel et temps, entre quatre et six heures par cuve.

Ce travail précurseur dans la région permet d’obtenir des vins « gastronomiques », avec de la mâche, du corps et destinés à accompagner les plats des plus classiques aux plus créatifs.

Cette méthode développe le potentiel de garde, jusqu’à vingt ans dans les meilleurs millésimes, au contraire de la méthode semi-carbonique majoritaire en Beaujolais qui accentue le côté fruité de vins à boire plutôt dans leur jeunesse (deux à cinq ans).

L’élevage en fût est l’autre touche bourguignonne qui contribue à ce caractère de vin de garde. L’élevage dure une dizaine de mois en fûts de chêne de deux à six ans, pas en fûts neufs trop durs pour le gamay. En outre, cette lente aération ménagée apporte une subtile ossature au vin et une texture plus raffinée.

 


Cinq grands terroirs

Ces vins fins fruités et épicés au gré de leurs terroirs se marient à toutes sortes de cuisines différentes, depuis les plus simples, aux plus exotiques et même relevées, aux plats les plus sophistiqués.

Saint-Amour 2013, soie et souplesse

Une robe rouge profond aux nuances violettes. Un nez délicat dominé par des arômes de fruits noirs et de pivoine. Un vin sur la fraîcheur aux tannins soyeux, à la texture souple et d’une belle longueur en bouche.

Il s’apprécie dans sa jeunesse mais peut aussi se garder plus de cinq ans. Il accompagnera avec bonheur une poularde à la crème et aux morilles ainsi que les fromages qui révèlent ses arômes ; le carafer et déguster plutôt frais, entre 13 et 15°C.

Moulin-à-Vent 2011, rondeur fruitée

Une robe rouge grenat intense. Un nez élégant d'où émanent des notes anisées, de figue fraîche avec une pointe de vanille. La bouche, tout en rondeur, est soyeuse avec des arômes de cerise et de kirsch.

Il peut se garder plus de cinq ans et accompagnera avec bonheur viandes rouges et fromages corsés. A carafer et à boire entre 14 et 16°C, pour découvrir son intensité aromatique.

Morgon Côte du Py 2013, élégante structure

Un nez très fruits noirs aux arômes toastés. Un joli rouge profond, très pur en bouche, avec des tannins denses, puissants mais veloutés et une finale très élégante. Le manganèse et les oxydes de fer du granit lui confèrent une structure particulière.

Vin de garde par excellence (dix ans et plus), on le carafe pour exalter la complexité de ses arômes.

A boire entre 16 et 18°C. Il accompagne à merveille les viandes blanches et le gibier, ainsi que les fromages affinés de caractère.

Morgon Les Charmes 2013, ensorcelant croquant

Un nez confituré sur des arômes de fruits noirs, cerise confite, figue. Sa robe rubis, intense révèle en bouche une belle structure, associée à une grande fraîcheur et dotée de tannins serrés. Sa texture souple, au boisé suggéré précède une finale assez persistante, complexe, charmeuse !

Il gagnera à être dégusté après quelques années, dix ans et plus. Mais un carafage permettra de découvrir toute le charme de ce grand vin.

A boire entre 16 et 18°C. Osez des accords inattendus ! Ce vin se marie aussi bien avec des plats sophistiqués, qu’avec la cuisine régionale traditionnelle. Une tartiflette, pourquoi pas ?

Côte-de-Brouilly 2013, persistance du sillage…

Une minéralité caractéristique de son terroir, associée à une macération longue et un élevage sous-bois, révèle un vin de grande facture. Une robe rouge aux reflets bleutés, un nez subtil de violette et de pivoine. Une bouche, légèrement fumée, s'impose avec un bel équilibre de tannins soyeux et de petits fruits rouges, sur une finale toute en longueur.

Séduction et vivacité dans sa toute première jeunesse, élégance après quelques années (3 à 8 ans).

A servir en carafe, entre 16 et 18°C, sur un gâteau de foies de volaille, des viandes en sauce, des magrets de canard, ou du fromage de chèvre.